« Quoi que je fasse, rien ne s’efface » ? Les Enfoirés – suite

Update suite à l’interview « sketch » de J.-J. Goldman sur Canal+

Suite de l’analyse du bad buzz des Enfoirés

  • Stratégie 5 : nouvelle communication « plus offensive ». Le bad buzz perdurant malgré son communiqué, J-J Goldman accorde le 4 mars sa première interview depuis 15 ans.
  • Timing : J + 9
  • Localisation de la communication : dans le cadre d’une « vraie-fausse » interview, il répond aux humoristes Eric et Quentin du Petit Journal de Canal + (émission et média qui pourraient difficilement être qualifiés de « réac »…).
  • Type de défense : déni et contre-attaque sur le mode de l’humour (cf. séquence)
  • Réaction du public à la communication : effet globalement apaisant. Les internautes sont plus nombreux à défendre la chanson et les Enfoirés.  Mais un sentiment d’incompréhension subsiste chez les déçus.

Prescriptions MMC

– Stratégie et ligne de défense choisies : On « like » 

  • La carte de l’humour :  dans ce sketch, Goldman met les rieurs de son côté ; d’après les réactions sur le web et les réseaux sociaux, il mobilise cette fois plus largement ses fans, ainsi que les soutiens des Restos du Cœur. Il devient donc plus difficile pour les détracteurs de s’exprimer, de crainte d’être accusés de ne pas comprendre l’humour, et plus encore qu’auparavant de jouer contre la cause défendue par les Enfoirés (l’aide aux démunis).

On « like » pas Θ

  • Aucun mea culpa :  J-J Goldman persiste dans sa position initiale. Il n’exprime aucun regret sur le manque de clarté des paroles, ni le parti pris du clip,  et ne fait preuve d’aucune empathie vis à vis de ceux qui se sont sentis froissés. Au contraire, le sketch les stigmatise, certes avec humour, mais cela ne facilite pas  le retournement de leur opinion; l’analyse des commentaires sur les réseaux sociaux permet de penser qu’un sentiment d’incompréhension subsiste parmi les déçus de la chanson et du clip. On aurait préféré à la dérision (envers le public), l’auto-dérision (envers lui-même et les Enfoirés). Mais après cette nouvelle intervention, un mea culpa tardif de J.J Goldman n’apparaît plus opportun, sauf si le web s’enflammait à nouveau.

Conclusion

A court terme, le buzz a eu du moins un effet positif sur les ventes du CD. Néanmoins J-J Goldman a visiblement compris qu’il était porteur de risque pour la crédibilité des Enfoirés voire de la sienne en tant qu’auteur. C’est pourquoi il a décidé de déroger à sa discrétion légendaire en accordant une interview. Son intervention sur Canal +, sauf rebond, peut suffire à calmer la polémique. Sans compter le coup de pouce inattendu de… Marine Le Pen, dont l’intervention sur iTélé, stigmatisant la chanson et les Enfoirés, participe probablement à dissuader certains détracteurs de continuer à critiquer – le Front National pouvant leur apparaître comme un soutien gênant. Mais on peut s’interroger sur les dommages auprès des jeunes qui se sont sentis injustement culpabilisés. A défaut de mea culpa, la question de la pertinence des paroles reste posée. Ce n’est sans doute pas un hasard si Jamel Debouzze, très populaire chez les jeunes, a défendu les Restos du Cœur plutôt que la chanson.  Pour se reconnecter avec les déçus, un signe fort des Enfoirés serait le bienvenu. Pourquoi par exemple ne pas associer le public d’une manière ou d’une autre au processus de création de leur prochaine chanson ? A l’ère du web 2.0, il est important que l’opinion ait « voix au chapitre ».

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